Vudhavi Karangal

Vudhavi Karangal est un foyer qui accueille les enfants abandonnés dans la région de Pondichéry. Créée en 1991 par Alice Thomas, une première maison a été établie pour héberger des garçons à Nonankkupam, dans les faubourgs de Pondichéry. En 2009, une deuxième maison a vu le jour pour accueillir des filles dans le village de T. N. Palayam sis au milieu d’une campagne verdoyante. En 2018, un centre d'hébergement pour enfants de gitans, APRES School, est intégré à Vudhavi Karangal.
L’association française Les Orphelins de Pondichéry soutient Vudhavi Karangal depuis 2005.

dimanche 11 février 2018

Un dimanche matin à la maison des filles à Palayam

Ce matin, visite de la maison des filles à Palayam.
C'est dimanche, la plupart des petites sont présentes. À l'entrée, certaines manipulent des bandelettes de papier pour fabriquer des bijoux. D'autres apprennent les techniques de travail de l'argile sous les conseils d'un professeur.  qui nous montre comment avec une petite boule d'argile on peut créer une tête riche d'expression.


Qui moulant un oeil, qui arrondissant un nez, qui préparant un disque, elles travaillent ensemble à la fabrication d'une face de lune en terre.


Un peu plus loin, deux filles fabriquent des oiseaux en céramique.
Une petite troupe de gamines rieuses nous entraine dans la maison. Tout d'abord, un salut aux oiseaux et au nouveau chien de la maison.



Nous prenant par la main, elles nous font entrer dans le patio qui résonne alors de joyeux "Vanakkan".
Les petites se sont improvisées guides. Vite, elles nous font traverser la cour pour déboucher dans le jardin.


Première étape pour nous faire découvrir, bien sûr, les merveilles de ce petit coin de verdure et, surtout, l'étendue de leur connaissance de la langue de Shakespeare. Nous sommes dans le jardin -garden-. Un petit doigt se tend vers un arbre et la petite gazouille tree. Trois fillettes se tiennent émerveillées autour d'une fleur : flower. Avec elles, nous apprenons à reconnaitre les manguiers -mango tree-, papayers -papayas-, sapotillier -sapota- (ça, à vrai dire, c'est plutôt du tamoul).

Nous entrons dans le bâtiment qui depuis 6 ans dresse année après année ses étages à l'entrée du jardin. C'est alors, au rez de chaussée, la visite de l'atelier de couture, vide et silencieux ce dimanche. Une machine à laver industrielle, financée par une famille dont la fille étudie à l'École Active Bilingue Jeanine Manuel de Paris, école qui a aussi contribué à cet achat, trône dans un coin en attendant d'être installée.  Elle permettra aux filles de ne plus avoir à laver leurs affaires à la main et ainsi de gagner du temps pour leurs études.


Puis, les petites se bousculent dans l'escalier les yeux brillants, nous montons alors au premier étage et d'un ample geste, elle nous font pénétrer dans ce qui sera l'atelier informatique : deux pièces, une grande pour les leçons d'informatique et une petite pour le professeur. Au sol, des dalles de marbre. Les murs sont illuminés d'un bleu ciel intense. La pièce est belle et gaie. On y travaillera bien. L'électricité va être installée sous peu. Les meubles en cours de fabrication devraient être livrés bientôt. Les ordinateurs sont commandés et on attend leur installation.
L'antenne de Nancy peut être fière de la générosité de ses adhérents et donateurs. 24 000 € ont été versés par l'antenne pour la construction, l'aménagement et l'équipement de cette salle. Grâce aux dons, aux ventes de produits indiens, à la générosité de l'association Les Petits Chardons Bleus, à des subventions de la Région Grand Est (5000 €) et de l'Association Talents et Partage (3600 €) ainsi qu'à la participation de l'antenne de Montbéliard qui a contribué à l'élaboration des murs, les filles pourront s'initier aux joies et mystères de l'informatique.
Nous quittons cette salle dont l'inauguration est prévue le 17 février et nous retournons dans la cour où les fillettes profitent de ce jour sans école pour discuter entre elles, se coiffer, se faire belles. Partout ce sont des sourires et des rires.





Les petites nous entourent, les grandes aident à la cuisine.

Une fillette nous montre fièrement que, bientôt, ses dents seront complétement redressées. Son sourire nous dit tout son bonheur.

Enfin, nous devons partir. Dans un coin de la cour, le Président de notre association, Adonis Mathurin, qui vient d'arriver, est devenu le héros d'un nouveau film.






12 février 2018
Françoise Simonot-Lion et Matthieu de Lamarzelle