Centre d'accueil pour enfants orphelins

Dans la région de Pondichéry (district de Pondichéry et état du Tamil Nadu) un centre d'accueil pour enfants abandonnés a été créé en 1991 par une jeune indienne. Une première maison a été établie pour héberger des garçons dans les faubourgs de Pondichéry. En 2009, une deuxième maison a vu le jour pour accueillir des filles dans un village sis au milieu d’une campagne verdoyante. En 2018, un foyer pour enfants gitans, APRES HOME, est intégré au centre.
L’association française Les Orphelins de Pondichéry soutient ce centre depuis 2005.

jeudi 30 juin 2022

Retour à Pondichéry - Juin 2022

 

Jeudi 23 juin, peu avant minuit, nous atterrissons enfin à Chennai. Après deux ans d'absence, nous retrouvons l'Inde où nous sommes immédiatement plongés dans l'atmosphère ambiante. L'humidité nous saisit à notre sortie de l'avion. La majorité des passagers sont de nationalité indienne et seulement une quarantaine d'étrangers se présentent aux formalités de police. Au rythme d'un passager toutes les 10 minutes, il nous faut un peu de patience avant qu'un coup de poing viril ne pose le tampon sur notre passeport. Et puis, ce sera une longue attente pour récupérer nos bagages dans la cohue habituelle, trois heures de route, un petit chai en milieu de parcours (thé au lait très sucré) et enfin, nous arrivons à Pondichéry.

 
Vendredi, nous reprenons contact avec la ville. Première visite chez nos amis Alice et Maran. C'est l'effervescence dans la maison car en cette période de l'année c'est la saison des admissions dans les collèges (préparation aux licences). De nombreux collèges se sont ouverts à Pondichéry mais tous n'offrent pas la même garantie de qualité de formation. Aussi, Alice est rivée sur son téléphone car, au fur et à mesure qu'une place se libère dans un bon établissement, il lui faut bloquer la place pour un des jeunes de l'orphelinat et immédiatement envoyer quelqu'un pour payer les droits d'inscription. Si on arrive trop tard, la place est perdue ... La rapidité de réponse est primordiale. La pièce crépite de sonneries de téléphones et nous laissons nos amis pour qu'ils puissent tranquillement gérer cette situation qui engage l'avenir des jeunes candidats.

Nous continuons par quelques achats au Marché Goubert où notre ami Aroul nous accueille chaleureusement.
 

Pendant la pandémie, la municipalité en a profité pour repeindre la tour de l'horloge dans des couleurs tendres.
 

Le soir, c'est la première sortie sur un front de mer moins animé que d'ordinaire. Nous profitons d'une fraîcheur relative (depuis notre arrivée, le thermomètre oscille entre 36 degrés le jour et 28 la nuit). Le monument aux Pondichériens morts pour la France fait toujours honneur au drapeau français en restant illuminé une partie de la nuit.
 

Si les rues de Pondichéry sont toujours aussi animées et bruyantes, la pandémie de Covid-19 a laissé des traces dans l'atmosphère de la ville. Les touristes occidentaux se comptent sur les doigts de la main. Ils ont été remplacés par des touristes indiens qui viennent de Chennai ou de Bangalore pour le week-end. Les hôtels sont loin d'être pleins et beaucoup de magasins sont fermés. Le masque est imposé dans certains magasins et, à Chennai, il l'est dans tous les espaces publics.

Dans le quartier tamoul de Pondichéry, la vie a repris son cours. Nous tentons toujours d'emprunter ces petites rues joyeusement animées pour nous déplacer dans la ville : ruelles ombragées, petits marchands ambulants, maisons aux couleurs claquantes.



Sur le mur d'une école, on vante les liens qui unissent la France à son ancien comptoir.


Dans la ville blanche, c'est parti pour le grand programme Smart City.


Pondichéry est en effet une des 100 villes ciblées par ce grand projet lancé en 2015 par le gouvernement indien (pour des informations sur ce programme, voir ici)
Le projet déposé par Pondichéry (les détails sont fournis ici) compte 9 points qui doivent être déployés dans la ville : 1 - tourisme ; 2 - Mobilité urbaine ; 3 - Gestion de l'eau ; 4 - collecte et traitement des eaux de pluie ; 5 - gestion des eaux usées ; 6 - collecte et traitement des déchets ; 7 - énergie ; 8 - Logement pour tous ; 9 - Espaces verts urbains.


Le champ d'action semble pour l'instant confiné à quelques rues de la ville blanche (ancien quartier colonial). Le canal, une des cibles de l'action 1, toujours aussi "délicieusement" odorant, a débordé durant les grosses pluies de l'hiver dernier inondant les rues de la ville blanche. Aussi le parapet de chaque côté du canal a été rehaussé et repeint. L'odeur est restée. Les trois rues parallèles au bord de mer (Dumas, Romain Rolland et Suffren) doivent être refaites avec de beaux trottoirs bien plats. Pour l'instant, c'est encore un peu le chaos dans certaines rues.

Les rues d'une partie de la ville blanche devraient à terme être interdite au stationnement (action 2 du programme Smart City). Les premiers panneaux fleurissent dans le quartier.


Ils sont plus ou moins bien observés en dépit des informations fournies pour garer son véhicule sur un parking payant dûment indiqué.


Dans l'action 2 portant sur la mobilité, il était évoqué la création de couloirs de bus, de pistes cyclables, de voies piétonnes, d'abandon des moteurs thermiques, ... Après plusieurs promenades dans la ville, traverser une rue reste toujours épreuve quasi suicidaire. Il nous semble donc que cette partie du programme Smart City a subi quelque retard.

Enfin, comment parler de Pondichéry sans évoquer un élément important de la faune locale. Nous voulons parler du chien. Depuis de nombreuses générations, les croisements entre différentes races ont fini par converger vers un modèle pratiquement unique que nous avons baptisé le "berger du Coromandel". 

D'une couleur ocre, une élégante queue en trompette, des oreilles plus ou moins arrachées, de fines pattes (ils en ont parfois encore quatre), ces animaux sinuent avec virtuosité entre les voitures, montrent généralement peu d'intérêt pour les humains. Durant la journée, ils se montrent assez peu actifs, allongeant leurs silhouettes racées dans les rues de la ville.



Parfois, sur certains d'entre eux, on peut encore voir des traces d'un de leurs lointains ancêtres : quelques taches de couleur, des pattes ridiculement courtes, de longues oreilles poilues.



Ce sont en fait des animaux nocturnes. Ils reprennent vie vers  minuit et charment les pondichériens de leurs chants harmonieux. Ah, comment ne pas être sensible à la beauté des nuits tropicales, saturées d'humidité, enchantées par un concert de voies canines souvent rythmées par des bastons de vendetta homériques !

Françoise Simonot-Lion et Matthieu de Lamarzelle

Des nouvelles des enfants vous parviendront dès que leur situation scolaire sera stabilisée.