Centre d'accueil pour enfants orphelins

Dans la région de Pondichéry (district de Pondichéry et état du Tamil Nadu) un centre d'accueil pour enfants abandonnés a été créé en 1991 par une jeune indienne. Une première maison a été établie pour héberger des garçons dans les faubourgs de Pondichéry. En 2009, une deuxième maison a vu le jour pour accueillir des filles dans un village sis au milieu d’une campagne verdoyante. En 2018, un foyer pour enfants gitans, APRES HOME, est intégré au centre.
L’association française Les Orphelins de Pondichéry soutient ce centre depuis 2005.

lundi 20 mars 2023

Un beau concert organisé par le Rotary Club de Nancy

Le 19 mars 2023, moment magique à l'église Saint Pie X d'Essey-les-Nancy. Trois chœurs (le Choeur des Jeunes de Lorraine Nancy, l'ensemble vocal Voix Plurielles, le Choeur Connexion) et un orchestre professionnel (orchestre symphonique Chüt) ont envouté le public tout au long d'un superbe concert, organisé par le Rotary Club de Nancy.

 

 

Dans la première partie du concert, à une sérénade de Edward Elgar jouée par l'orchestre, ont succédé plusieurs morceaux interprétés par les différents chœurs.

 

Le Requiem de Sir Karl Jenkins réunissait dans la deuxième partie du concert les trois chœurs, un pianiste et l'orchestre. 



 

Compositeur contemporain, Sir Karl Jenkins est connu pour ses œuvres ouvertes à des apports issus de diverses cultures et souvent intégrant des sonorités actuelles. Dans son Requiem, aux textes latins habituels, il a ajouté des haikus, poèmes japonais. 

Pour ce concert, la sonorité du shakuhachi, traditionnel instrument à vent japonais, était illustrée par une flute traversière.

Un Dies Irae particulièrement rythmé fait la place belle aux percussions et au piano.


Une musique répétitive se déploie dans plusieurs mouvements. 

Deux jeunes solistes interviennent dans le Pie Jesu.

 Le Requiem de Sir Karl Jenkins se termine sous une ovation nourrie de la part d'un public enthousiaste.


Ce concert était organisé au profit de l'association Les Orphelins de Pondichéry. Les membres du Rotary club de Nancy, organisateur de l'événement, soutiennent l'éducation des enfants de l'orphelinat, en particulier la scolarité des filles qui poursuivent des études supérieures et la pratique de la musique par tous les enfants.

Tous les enfants de l'orphelinat ainsi que les membres de l'association Les Orphelins de Pondichéry remercient chaleureusement les musiciens, les choristes, ainsi que leurs chefs qui ont réalisé ce beau spectacle. Ils remercient le Rotary Club de Nancy pour son soutien aux actions d'éducation d'enfants de classes défavorisées du sud de l'Inde.

Françoise, Agnès et Matthieu

lundi 13 mars 2023

Quand l'ingéniosité fait faire des merveilles aux enfants - partie 2

Jour national de la Science 2023 à l'orphelinat (voir la première partie ici). 

Visitons l'exposition organisée par les enfants et leurs encadrants et admirons les maquettes et démonstrations qu'ils ont réalisées.

Les petits font de la figuration sur un stand montrant une grande variété de légumes et de fruits.

Un petit tour dans le monde actuel. Des enfants ont réalisé un distributeur de pièces et de billets grâce à un ingénieux assemblage de bouts de cartons qui délivrent suivant la demande une pièce d'une roupie ou des billets de 50, 100, 200 ou 500 roupies. Nous avons essayé avec nos cartes de crédit. Ça marche et on récupère des pièces en plastique ou de faux billets !

Les mêmes et toujours avec des cartons de récupération ont réalisé un distributeur de gel hydroalcoolique. On voit que les deux dernières années ont laissé une trace dans les esprits.

Nous progressons dans les stands. Physique et chimie ont motivé garçons et filles.

D'abord, un peu d'astronomie. Comment se déplace la terre autour du soleil ? En quoi consiste le système solaire ? On vous explique tout. 


Disons que, en ce qui concerne les orbites des planètes, il y aurait quelques ajustements à faire ... Mais l'idée est là.

Sur un stand, on nous explique comment réaliser un hologramme.

Si vous voulez savoir par quel miracle mécanique pourrait s'effectuer le système de collecte des ordures à la gare de Pondichéry, c'est sur ce stand. Vous admirerez comment avec un peu de peinture, des vieux cartons, des gobelets et de la colle, on peut faire un tableau vivant.



Juste à coté, on nous montre comment fabriquer des enzymes pour la lessive.


Un ballon pour représenter le soleil, de la pâte à papier grise pour illustrer les nuages, de la terre, de l'herbe, un peu d'eau, une belle peinture bleue et plein de petits animaux et voici un cadre pour expliquer le cycle de l'eau (évaporation, concentration, pluie, ruissellement, ...)

L'exposition fait une grande part à des travaux sur la protection de l'environnement et l'écologie.

Un stand montre comment gérer le recyclage de l'eau et la récupération d'énergie à l'échelle d'une maison. Vous apprécierez, en passant, le recyclage des bâtons de glace en piquets de clôtures.


Les arbres sont les poumons de notre terre.  Des filles ont illustré ce concept sur un stand où un poumon de feuille côtoie un saisissant poumon humain réalisé en papier verni, branches et tuyaux de plastique.


 

Il est impératif de lutter contre la déforestation et maitriser industrialisation et urbanisation dans le respect de l'environnement.


Protéger l'environnement, c'est limiter l'utilisation de plastiques qui ne peuvent pas se recycler ...


... et, par exemple, remplacer, pour la vaisselle, le plastique par des matériaux issus de fibres végétales (mais, etc.). Les garçons nous montrent des étapes de fabrication d'un tel produit.


La gestion de l'environnement commence par assurer la propreté des lieux de vie : la ville, la maison, l'école. Le programme Swatchh Bharat lancé par le gouvernement de l'Inde a pour objectif de procurer hygiène et propreté pour chaque famille (toilettes, élimination des déchets, propreté du village, eau potable, etc.) Ce projet reprend des principes formulés par le Mahatma Gandhi qui disait que cet objectif ne pouvait être atteint que par l'action de chacun. Pour plus d'informations sur la vision de Gandhi de cet idéal de propreté, vous pouvez lire l'article "Importance of Gandhian thoughts about Cleanliness" ("Importance de la pensée de Gandhi sur la propreté") du Dr Shubhangi Rathi. 


Tout y est : le tri des déchets, le recyclage en compost, le balayage, le masque de protection dans les endroits pollués, les toilettes, ... et même le portrait de Gandhi utilisant un balai.

Dans l'enceinte des foyers de l'orphelinat, les principes sont scrupuleusement respectés par les enfants et leurs encadrants. Mais dès qu'on passe le portail, la situation sanitaire des rues, même si elle tend à s'améliorer tout doucement, relève encore d'une marge de progression certaine pour atteindre le rêve de Gandhi.

Le dernier groupe de stand avait pour thème général l'anatomie

Si vous voulez tout connaitre sur le fonctionnement de votre cœur, vous n'avez qu'à lire ce poster.


Des filles ont inventé un démonstrateur (lampe de poche, de demie-sphères en carton, percées de trous, bout de ficelle et cerveau en pâte à papier) pour comprendre comment est assurée la vision par notre corps.


Et enfin, dans la maison des filles, un superbe montage illustre les composants du corps. Par un savant jeu de pliage et de dépliage, on nous dévoile les mystères du corps ... d'un garçon.




Nous laissons le jury faire son travail d'évaluation. À chaque stand, les enfants se succèdent pour expliquer leur travail. Les quatre membres du jury écoutent, posent des questions, prennent des notes. Il ne va pas être facile de désigner le/les premiers prix.

Françoise et Matthieu


Quand l'ingéniosité fait faire des merveilles aux enfants - partie 1

Dimanche 19 février 2022, au matin. Alice nous téléphone pour nous dire que Maran va venir nous chercher pour nous emmener à la maison des garçons où nous attend une surprise.

La voiture arrive. Un petit détour pour embarquer des petits dans une autre institution. Ces enfants que leurs parents ont abandonnés doivent être adoptés. Mais pour ces petits, c'est encore le temps de l'insouciance. Tous entassés au fond de la voiture, ils chantent, chahutent, rient, et bavardent avec Maran.


 

Nous arrivons à Nonankuppam. Et la porte s'ouvre sur un spectacle particulièrement animé. Des stands envahissent la cour, couverte d'une grande bâche bleue, et la grande salle d'étude. Des enfants de tous âges s'agitent pour mettre une dernière touche à leurs tables. Aujourd'hui, tous les enfants de l'orphelinat, garçons et filles, petits et grands, sont réunis dans la maison des garçons.

À l'entrée, un comité de visite. Une jeune femme nous verse de l'eau parfumée sur les mains et nous offre une rose.


 

Des affiches nous informent de ce qui se passe.



 Celle-ci est un peu plus claire ...

Cette journée est le clou des deux semaines de compétitions dont nous vous avons déjà parlé dans l'article "C'est la saison des compétitions à l'orphelinat" (17/2/2023) dans le cadre des journées nationales de la science. 

Depuis un mois, les enfants préparent des expériences concrètes pour illustrer des notions scientifiques. Ici, à l'orphelinat, pas de kits trouvés sur internet, de couteux robots, pas de mini-laboratoires achetés clés en main ! On doit se débrouiller avec les moyens du bord : papiers, cartons, fil de fer, etc. Et les enfants ont fait preuve d'une ingéniosité incroyable. 

Tous les acteurs de cette manifestation, les enfants comme leurs encadrants, portent un badge. Tous attendent balançant entre un sourire confiant et une pointe d'anxiété.

 Des enfants tentent de calmer les petits chats du foyer affolés par ce remue-ménage.

Tandis que le repas se prépare dans un coin de la cour.


 Nous prenons le temps de découvrir les dernières maximes affichées dans la grande salle.



Des dessins réalisés par les enfants sont accrochés aux branches d'un arbre dans l'entrée. Il faut reconnaitre que la vision du fonctionnement du corps humain par l'artiste allie une imagination créative à un sens esthétique certain.


 

Soudain le comité d'organisation appelle tous les participants. Le jury vient de faire son entrée. Quatre professeurs venant d'écoles publiques de Pondichéry ont pour mission d'évaluer et de classer les travaux des enfants de l'orphelinat. Mais, d'abord, c'est le temps des discours et des remises de cadeaux aux membres du jury. Tous les participants se rassemblent sous le grand préau.



Dans un endroit discret, une maquette illustre la présidence du G20 qui en 2023 est entre les mains de l'Inde.


Prêts pour visiter les stands ? Alors, suivez-nous ici!



mardi 7 mars 2023

Le Silambam fait des émules chez les filles de l'orphelinat

Déjà à l'été 2022, lors de notre arrivée dans la maison des filles, les jeux des petites et les bavardages des grandes qui animent d'ordinaire la cour avaient fait place à un étrange spectacle. Des filles coachées par un professeur faisaient virevolter un grand bâton en cadence. 



En fait, ces filles s'entrainaient au Silambam. 

Il s'agit d'un forme art martial indiens originaire de l'Inde du sud. Elle se pratique en particulier au Tamil Nadu et à Pondichéry. La forme de cet art du combat existe depuis le 4ème siècle avant JC et est reconnue comme un élément de la culture dravidienne. L'une des 5 grandes épopées de la littérature tamoule ancienne, le Silappadikaram mentionne déjà le Silambam. Ce texte qui a été daté du 1er siècle de notre ère intégrait des contes et récits transmis oralement par des bardes tamoules.

Le nom Silambam viendrait de silam, la montagne et bam, un type particulier de bambou. Les mouvements de combat se font généralement avec un long bâton en bambou. 

Quelle est l'origine de cette discipline. Comme toujours en Inde, il faut la trouver au croisement de l'histoire et de récits légendaires attachés à l'hindouisme. Les premiers préceptes du Silambam auraient été définis par le sage Agastya, un brahmane tamoul, auteur de plusieurs chants des Rigveda, ensemble d'hymnes sacrés. 

Statue de Agastya provenant de l'état du Bihar (Los Angeles County Museum of Art)
 

Celui-ci se rendait à Vellimalai dans l'extrême sud de l'Inde. Sur sa route, il rencontra un vieil homme qui lui aurait enseigné les principes d'un art de la concentration et de la maitrise de soi comme éléments de théories de combat. Ce vieil homme aurait été en fait le seigneur Murugan, dieu de l'armée divine, fils du dieu Shiva et de la déesse Parvati. Ce dieu est très populaire en Inde du Sud et de nombreux temples lui sont dédiés. Après sa rencontre avec Murugan, Agastrya a rédigé les premiers principes qui seront la base du Silambam.

Temple de Murugan - Pondichéry
 

Cette technique de combat apparaît dans les cours royales tamoules. Les armées des petits royaumes de l'Inde du sud (les Palayakkarars ou Polygars comme les désiganaient les anglais) intégraient  un corps de "Silambam".  Ils s'appuyèrent sur ces combattants dans les premières luttes pour l'indépendance de l'Inde contre la domination britannique Les guerres de Polygar étaient une série de guerres menées par une coalition de Palaiyakkarar contre les Britanniques entre 1798 et 1805 (guerres des Polygars). La pratique du Silambam a été interdite par les britanniques. Elle a été à nouveau autorisée après l’indépendance de l’Inde, en 1947.

Ce sport associe maîtrise de soi, force et fluidité des mouvements. Torsion du poignet, mouvements des bras, place des pieds, tout est codifié. Hommes et femmes peuvent le pratiquer.
Une fille de la maison de Palayam

Et depuis plusieurs années, cet art martial est devenu incontournable chez les jeunes au Tamil Nadu. Il se pratique dans les écoles. Les publicités d'ateliers de Silambam fleurissent dans la presse.

Acteurs et actrices du cinéma indien ne sont pas en reste pour montrer leur virtuosité dans ce sport ... ainsi que nous le prouve la belle Malavika Mohana dans la vidéo que vous pouvez voir ici.

Et le 13 février, alors que nous nous promenions en fin d'après-midi sur l'avenue Goubert, nous avons assisté à un spectacle étonnant. 1250 enfants, provenant de 3 écoles de Pondichéry, tous munis d'un bâton de bambou et vêtus de T-shirts jaunes étaient rigoureusement alignés sur la route.


Compétition de Silambam - Pondichéry (photos extraites du Petit Journal de Chennai - 15/2/2023)  
 

Pendant plus de 30 minutes, les enfants ont fait virevolter leur badine en cadence et cette performance leur a permis d'intégrer le Cholan book of world records.

 

Mais revenons à Palayam, dans la maison des filles et laissons-nous enchanter par le ballet élégant que l'une d'elle nous a offert lors d'un agréable après-midi de février.


Françoise

Les photos de la compétition de Silembam à Pondichéry sont extraites d'un article de Anaïs Pourtau paru dans le Petit Journal de Chennai le 15/2/2023.  La dernière vidéo a été prise par Clive Southey lorsque nous visitions la maison des filles.