Vudhavi Karangal

Vudhavi Karangal est un foyer qui accueille les enfants abandonnés dans la région de Pondichéry. Créée en 1991 par Alice Thomas, une première maison a été établie pour héberger des garçons à Nonankkupam, dans les faubourgs de Pondichéry. En 2009, une deuxième maison a vu le jour pour accueillir des filles dans le village de T. N. Palayam sis au milieu d’une campagne verdoyante.
L’association française Les Orphelins de Pondichéry soutient Vudhavi Karangal depuis 2005.

samedi 15 mars 2014

Jour de fête à Vudhavi Karangal


Début mars 2014. C’est la première fois que je viens à Pondichéry en cette période de l’année. C’est comme un été français, petite parenthèse bienvenue dans notre grisaille d’hiver lorrain. Les jours sont chauds, les nuits douces et le ciel est d’un bleu éblouissant. D’ailleurs, nombre de retraités français ne s’y trompent pas et viennent en cette saison se réchauffer aux éclatantes couleurs de l’Inde.
Rendez-vous chez Alice et Maran pour une visite des deux maisons. Il est 16 heures. Nous arrivons dans la maison des garçons où règne une effervescence toute indienne. Les armoires qui marquent, dans le préau, la séparation entre les classes d’études sont poussées contre les murs libérant un grand espace où courent les petits tout excités, tournant en riant autour d’Alice. Des enfants déploient leurs talents artistiques sur les tableaux tout en tentant de cacher leurs œuvres.
Un petit groupe traque la moindre miette de déchet dans la cour. D’autres, armés d’un couteau, le regard farouche, s’attaquent à un monstrueux tas de pommes de terre. La cuisine fume telle l’antre de Vulcain. Décidément, il se passe quelque chose ici !
Nous faisons une rapide visite des locaux : dortoirs simples et très propres, et atelier où nous pouvons admirer les derniers équipements acquis, et surtout une rutilante machine à « pop-corn » (l’acquisition d’une  machine  à « barbe à papa » est programmée).
Nous terminons par les salles de musique où un jeune virtuose nous démontre ses talents sur une veena puis sur diverses percussions et, en route pour Palayam pour voir la maison des filles. Habillées de leurs habits de fête, celles-ci nous accueillent en chantant « Happy Birthday ». Le mystère s’éclaircit.  Aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’Alice. La grande fête aura lieu ce soir à la maison des garçons. Tous les enfants seront là ainsi que les amis et la famille d’Alice.
Lors de la visite, nous pouvons voir les avancées significatives de l’atelier de couture. Il restera d’ici la fin de l’année à poser les fenêtres et les portes, puis à installer électricité, plomberie, etc. Des machines à coudre ont déjà été acquises et les filles sont impatientes de faire leurs premiers points.
Et le grand soir arrive. Nous partons en voiture sur le lieu des réjouissances. Le moins que l’on puisse dire est que notre arrivée à la maison des garçons a été majestueuse car tel que pour le passage d’un char transportant une divinité, un tapis de pétards tonitruants nous accueillait à la porte de l’orphelinat. Alice descend de voiture, le grand portail métallique s’ouvre et elle est aussitôt assaillie par une foule de petits lutins, coiffés de chapeaux pointus et armés d’une rose rouge qu’ils tendent à la reine du jour. Sourires et larmes d’émotion!
La fête commence. Garçons et filles enchainent les numéros de chant, de musique, de danse et de gymnastique. La salle applaudit, des bombes de paillettes éclatent ici et là, des serpentins fusent. Le spectacle est dans la salle. Le gâteau arrive,  les petits  sont excités et se bousculent pour en avoir; Alice fait le partage, sachant  accompagner ces douceurs d’un petit mot tendre, d’un sourire, d’un baiser. Puis, c’est le repas pris tous ensemble dans la cour. Maran lance un dernier CD de musique pop, les garçons ne se font pas prier pour montrer leurs talents de danseurs.
… Il est minuit, la nuit est claire, les étoiles scintillent, les petits ont sommeil et la fête est finie.
Nous apprenons alors que tout a été préparé et offert par les garçons de l’orphelinat qui ont déjà un travail, certains d’entre eux, mariés, sont venus avec femmes et enfants. C’est un très beau symbole de remerciement pour celle qui a su les aider à se construire un avenir.




Françoise Simonot-Lion et Monique Duparc-Lion - mars 2014