Vudhavi Karangal

Vudhavi Karangal est un foyer qui accueille les enfants abandonnés dans la région de Pondichéry. Créée en 1991 par Alice Thomas, une première maison a été établie pour héberger des garçons à Nonankkupam, dans les faubourgs de Pondichéry. En 2009, une deuxième maison a vu le jour pour accueillir des filles dans le village de T. N. Palayam sis au milieu d’une campagne verdoyante.
L’association française Les Orphelins de Pondichéry soutient Vudhavi Karangal depuis 2005.

jeudi 15 août 2013

Retour de l’école à la maison des garçons


Ce jour-là, Alice et Maran nous emmènent à la maison des garçons. Nous visitons l’atelier inauguré en 2012 et financé par l’association Les Orphelins de Pondichéry de Voujeaucourt. 
L’atelier se remplit : un établi complet et bien garni, plusieurs machines sur lesquelles les enfants s’exercent pour apprendre des rudiments de mécanique et d’électricité. Le souhait d’Alice est de les rendre capable de réparer et maintenir les équipements dans leur vie quotidienne. Nous admirons la nouvelle presse qui va permettre à Alice de restaurer à moindre coût les livres et cahiers qui ont souvent une vie difficile dans les bras des gamins chahuteurs.


Une idée sympathique de Maran : les fenêtres de l’atelier sont protégées par de grandes volières où perruches et autres oiseaux mul-ticolores nous ont fait un concert de pépiements. Mais il est 16h30. On entend du bruit. Les enfants rentrent de l’école. Et aujourd’hui, on ne plaisante pas ; c’est inspection générale des sacs d’école. Les enfants arrivent par petits groupes. Dans chaque groupe, les enfants vident leur sac devant un grand, responsable du groupe. L’inventaire commence et c’est dur pour les petits. On voit écarter tous les trésors qu’ils ont accumulés depuis la dernière inspection : qui une image de Mickey, qui, un clou, qui, un peigne cassé … un petit journal, un poème d’amour, une petite batterie cassée, …
Pourquoi les priver de ces petits trésors ? demandons-nous à Alice. Avec un sourire Alice explique qu’elle ne veut pas que les enfants soient tentés à l’école d’échanger des objets, d’accepter des cadeaux de leurs copains plus favorisés voire de chaparder ce qu’ils convoitent. Elle ne les prive de rien et s’ils ont besoin, il suffit qu’ils lui demandent. C’est pour elle une règle de vie qu’elle inculque aux enfants et la garantie que ceux-ci ne seront pas à l’extérieur accusés de vol. L’inspection des sacs n’est pas terminée. Il faut encore exhiber plat et gobelet que chaque enfant transporte avec lui pour le repas de midi. Attention, ceux-ci doivent porter la marque de Vudhavi Karangal sinon, il faut fournir des explications convaincantes à Alice et ça, en la regardant droit dans les yeux ; il ne faut pas bégayer, il faut dire ce qui s’est passé !
Vient ensuite le contrôle de l’état des uniformes scolaires et gare au garçon batailleur qui aura déchiré sa chemise dans une discussion musclée avec ses copains dans la cour de l’école. Toute cette séance se termine par la présentation par chaque chef de groupe des affaires de toilette, elles aussi frappées du sceau de l’orphelinat : savon dans sa boîte, brosse, récipients pour se doucher, etc.
Tout finit bien. Pas de rancune. Les enfants s’égayent dans la cour avec soulagement : certains s’en sont tirés avec une remontrance d’Alice, remontrance qui finit par s’effacer derrière un sourire ; d’autres, plus soigneux (ou plus chanceux) ont été félicités.


Françoise Simonot-Lion - Agnès Volpi - août 2013